Vogalonga 2018 : bruits, odeurs et sensations à Venise avec David et Victorien.

manifesto-44-vogalonga-2018.jpgPour la Vogalonga 2018 après une première communication interne, seulement un inscrit et de plus il est d’un autre club : Paula Carronda décide d’annuler le déplacement faute de participants potentiels.

C’est compter sans sur la pugnacité et l’énergie de Victorien Candele et David Beglet qui ont eux bien vu passer l’information mais ont attendu de croiser Jean-Pierre Talamona pour lui demander plus de précisions et avoir son avis sur la participation de deux personnes aveugles à un tel événement.

La description leur plaît, ils se passionnent pour l’idée, la cause est entendue ils souhaitent participer à l’aventure !

Il faut compléter l’équipage, à défaut d’inscrits Aurélia Gerber et Jean-Pierre décident d’ajouter cette randonnée au milieu de leur calendrier de compétition déjà chargé pour que ce rêve puisse se réaliser.

Un programme d’entraînement est bâti afin que David, presque débutant avec peu de pratique de notre sport, puisse tenir tout le long de ce parcours dans la lagune de Venise : il n’avait jamais réalisé de sortie de plus de 10 km deux mois avant l’événement et dire qu’il était un peu angoissé à l’idée de parcourir ces 35 km serait un doux euphémisme 😉  Victorien plus expérimenté est également venu se préparer plus régulièrement afin d’améliorer sa technique et sa condition physique.

Les séances de bateaux se sont enchaînées, de l’ergomètre en salle quand le temps était trop mauvais, rien de rassurant aux yeux de David qui réalisait toutes les séances mais avec de belles douleurs et courbatures à chaque fin de séances. Des exercices de préparation à l’embarquement en conditions difficiles ont été réalisés : à Venise la montée en bateau s’effectue soit sur des pontons très hauts avec des passerelles étroites et difficilement praticables, soit les pieds dans l’eau au milieu des rochers couverts d’algues avec un franchissement de digue de 2,5 mètres de haut. Victorien et David ont donc eu droit à un embarquement en yolette sans ponton à 3 mètres du bord 😀

Le vendredi 18 mai c’est le jour du départ, bateau chargé nous prenons la route ! Les embouteillages habituels sont là mais ils se poursuivent après le Gothard résultat 14h de voyage de porte à porte, avec pour finir 1h30 de marche avec les bagages dans Venise les services de Vaporetto étant réduits la nuit. Nous avons donc pu découvrir lors de cette longue marche nocturne que la lourde valise à roulettes de David adorait les loopings et être trainée sur le dos plutôt que de rouler facilement… épuisant à la longue 😦

Le samedi 19 mai journée sur place avec deux objectifs :

  • récupérer les « kits Vogalonga » avec le dossard du bateau et les plans du parcours
  • retourner au parking effectuer le montage et la préparation du bateau

Pendant que David et Victorien découvrent avec surprise le nombre de ponts et de marches incroyable pour eux qu’il y a à Venise, Aurélia et Jean Pierre découvrent les incroyables difficultés du guidage de nos deux compères dans cette ville ou les ruelles et les ponts de franchissement des canaux s’enchaînent sans relâche !!!

Avec une organisation très « italienne » l’atteinte de ces deux uniques objectifs va prendre la journée complète ! Bureaux d’accueils déplacés à une autre adresse sans que l’information soit transmise aux clubs inscrits, lieu de récupération des kits avec une adresse erronée, indications de parcours par les organisateurs non pertinentes : nous avons passé notre journée à errer dans la ville. Le soir après un repas rapide nous nous sommes couchés avec les jambes bien lourdes.

Le dimanche 20 mai réveil à 5 heures : il faut prendre le Vaporetto et rejoindre l’aire d’embarquement avant 7h.

Arrivés sur place au vu de l’embouteillage et de la difficulté d’accéder aux pontons Jean Pierre fixe le cap et choisi l’embarquement avec franchissement de la digue, le passage dans les rochers couverts d’algues et les pieds dans la vase pour la mise à l’eau. Cette manœuvre de portage n’étant pas possible nous avons gentiment demandé et obtenu l’aide de 4 rameurs Anglais qui ont (comme nous) ruiné leurs chaussures après le passage dans la vase collante.

Il est 8h30, première étape à la rame : descendre Il Canal Grande à la rame jusqu’à la Piazza San Marco. Au bout de 35 minutes de slalom entre les Vaporettos (bus) et les Motoscafos (taxis) nous arrivons juste après le coup de canon.

Pendant la première heure, étant partis dans les derniers, nous remontons de nombreux bateaux mettant ainsi les nerfs de Sophie Grain, notre barreuse novice recrutée la veille pour cette délicate mission, à rude épreuve.

Le passage du petit canal de l’île Sant’Erasmo et le chenal qui la longe vont la maintenir sous pression pendant une heure de plus, les bateaux sont serrés, les pelles se touchent et s’entrechoquent, les coques s’effleurent tellement la navigation est dense.

A la sortie du chenal une heure de navigation plus calme pour tous, il n’y a plus autant de bruits, de chocs et de vagues : David et Victorien qui ont pour repères de rythme le bruit des pelles qui plongent dans l’eau ou les sensations de mouvement de l’ensemble de l’équipe bien coordonnée peuvent à nouveau se synchroniser sans un « top » annoncé par Aurélia ou JP à chaque prise d’eau.

Vers 12h pause déjeuner improvisée sur un banc de sable en face de Burano, après un accostage un peu « sauvage » lors duquel David et Aurélia se sont retrouvés assis dans l’eau de la lagune nous avons profité d’un déjeuner improvisé avec les Gorgonzola et Parmigianos  ainsi que quelques rondelles de Salame achetés la veille.

Nous entamons ensuite le long retour vers Burano heureusement aidés par un léger vent « avec ». Malgré sa mousse de coulisse et un épais cuissard de cycliste David commence à souffrir du « mal du randonneur », la coulisse en bois lui semble bien dure et nous l’entendons souffrir. Quelques minutes de pause assis sur un gilet de sauvetage en mousse posé en travers sur les rails de la coulisse lui suffisent toutefois pour repartir.

La traversée de Murano se fait rapidement grâce à la marée montante mais elle génère à nouveau un gros stress pour notre barreuse débutante, le bateau va vite, la marée le pousse parfois vers les berges parfois vers les immense pilotis balisant le chenal mais l’arrivée se rapproche, il est 14h, cela fait déjà 5h30 que nous sommes partis !

Le dernier tronçon de 2.500 mètres nous séparant de l’entrée de Cannaregio est parcouru rapidement, les courbatures et les ampoules sont oubliées, l’objectif fixé deux mois auparavant est atteint: nous avons réussi à aller à Venise, nous avons pu embarquer, le parcours à été bouclé et la ligne d’arrivée franchie !

Les doutes des dernières semaines sont effacés, les imprévus de la veille oubliés, ne reste que le plaisir de l’effort accompli.

Et pendant le voyage du retour nous avons pu repenser aux merveilleuses sensations de cette belle journée, ainsi qu’aux…5 litres d’eaux bus par David tout au long de la journée…  5 litres qui nous ont valu de très nombreuses pauses pipi jusqu’au milieu de la Suisse 😀 😀 😀

 

A propos talamonajp

Éducateur Sportif BEES 2ème Degré Aviron Coach Aviron Indoor, AviFit, Aviron Santé, Aviron Handicaps, tuteur Fédéral
Cet article a été publié dans LA VIE DU RCM, PROGRAMME 2018. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Vogalonga 2018 : bruits, odeurs et sensations à Venise avec David et Victorien.

  1. Surace dit :

    Toutes nos félicitations David ! Tu vois que tu y es arrivé !! Gros bisous de tes cousins du sud ouest. Sophie

    J'aime

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